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musée imaginaire salle 4

  • paulemilechristian
  • 17 mars
  • 3 min de lecture

Ils ont vu ensemble les tapisseries de sa quatrième salle au musée de Cluny. Elles représentent « la dame à la licorne ». Lui les a découvert, pas elle qui était déjà venue, et ce fut un éblouissement, il les lui fallait à tout prix, enfin , en virtuel, c’est gratuit. Elles sont six dont cinq représentent les cinq sens et et la sixième constitue un mystère avec juste écrit «mon seul désir». Il lit, sur le guide :

Cinq de ces représentations forment une allégorie des cinq sens symbolisés par l'occupation à laquelle la Dame se livre:

Le toucher : la dame tient la corne de la licorne ainsi que le mât d'un étendard.

Le goût : la dame prend ce qui pourrait être une dragée d'une coupe que lui tend sa servante et l'offre à un oiseau ;

L'odorat : pendant que la dame fabrique une couronne de fleurs, un singe respire le parfum d'une fleur dont il s'est emparée ;

L'ouïe : la dame joue de l'orgue ;

La vue : la licorne se contemple dans un miroir tenu par la dame ;

Toutes ces fleurs et ces animaux familiers – lapins, agneaux, oiseaux, chiens, singes - en font un paysage sur fond rouge créé selon lui par des fées, témoin la licorne qui voisine avec le lion. Il place deux tapisseries par mur, à droite le goût et l’ouïe, à gauche la vue et l’odorat et devant le toucher et celle qu’il nomme, lui, le cœur, le sens que Dieu leur a donné puisqu’il s’agit la d’un décor de paradis. Ou alors, il lui faudrait une salle circulaire avec une petite entrée pour ne pas prendre trop de place et la possibilité de modifier l’ordre d’accrochage des tapisseries pour renouveler l’émerveillement de leur découverte à chaque fois. Bien sur, il leur faudrait plutôt un château, mais il n’avait qu’un simple musée à leur offrir et c’était mieux pour les enfants qui pouvaient ainsi s’asseoir sur les banquettes au milieu de la salle et poser toutes leurs merveilleuses questions: «et pourquoi ci, et pourquoi ça» et ensuite suivre les différents animaux sur chaque tapisserie et dire, à tour de rôle« oh le lapin, oh le chien...» en les montrant du doigt. Il suffit qu’un des enfants commencent et tous suivent quand ils sont touts petits, puis, un peu plu grands, ils disent plutôt: « Et bien moi, mon papa, il a un tableau dans son bureau » ou bien « moi, ma maman elle m’a amenée voir un musée et c‘était bien. »


Qui est-il ? Quel est son rôle dans ces tapisseries où il n’y a pas d’homme ? Est-il un animal ? Une fleur ? Un étendard ? Il ne le sait pas, il erre dans ces décors rouges et cherche sa voie. Il aime le moyen âge depuis toujours ; quand il était petit, c’était prince Vaillant en bande dessinée, les figurines de chevaliers, les sorciers. Il a découvert Merlin plus tard et Arthur et les chevaliers de la table ronde, la forêt de broceliande, Lancelot, Guenièvre… Tous se mêle dans sa tête. Il voudrait être capable d’écrire une histoire se déroulant à cette époque comme « le nom de la rose » qu’il a lu, vu au cinéma et dans une série à la télévision.

Il sait qu’il aurait été un serf et non un seigneur et que sa vie aurait été terrible , pas comme la sienne en vrai, alors il préfère juste en rêver et trouver des livres à lire et des films à voir, surtout sur l’histoire de cette période, avec les rois et leurs guerre entre français et anglais, et sur l’art avec tous ces génies maniant leur pinceau ou leur ciseau.


Il a lu que l’on pouvait rapprocher ces tapisseries d’un poème de François Villon « louange à la cour » ou à celui d’Olivier de la Marche. Il en parle sur le petit panneau au dessous de la tapisserie sur le cœur. Il y ajoute

Les Vertus apparaissent successivement au héros du roman comme autant de femmes au cours du voyage initiatique qu'elles lui font poursuivre :

  • Oiseuse, c'est-à-dire l'apparence superficielle, pour la Vue,

  • Richesse, c'est-à-dire une forme brutale d'avidité, pour le Toucher,

  • Franchise, c'est-à-dire une sensation directe et sans tromperie, pour le Goût,

  • Liesse, c'est-à-dire une élévation de l'âme, pour l'Ouïe,

  • Beauté, c'est-à-dire un ravissement de l'âme vers l'harmonie, pour l'Odorat.

  • Largesse, c'est-à-dire la générosité, vertu suprême, pour "A Mon seul désir".

    Il a appris tout cela récemment en cherchant sur internet et veut en faire bénéficier les visiteurs.



 
 
 

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