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  • paulemilechristian

l'album photo 1 le timide

5 L’album photo



Photo noire et blanche

Saison de l’apprentissage

Sourire innocent



Il n’était pas mal sur la photo à dix sept ans, pas mal du tout. A l’époque, il ne se voyait pas comme ça, il se sentait quelconque. Peut être que dans dix ans il se trouverait pas mal sur une de ses photos d’aujourd’hui alors qu’il n’était vraiment pas terrible. Est-ce comme ça pour tout le monde ? Sans doute pas, il avait lu que certains ne s’aimaient pas jeune.


Il était tombé sur ce vieil album en rangeant et l’avait ouvert pour pour le feuilleter. Son premier album, avec ses photos bébé, un joli petit joufflu tout nu en pleine forme, et ses photos en barboteuse, puis en louveteau, comme son jeune frère et sa petite sœur, sur la plage avec un copain, puis en adolescent en camping et lors de son retour de stage de langue en Angleterre. Et puis un peu plus tard en blazer et pantalon gris, pendant ses études a Paris.


Et puis, comme à son habitude, il était reparti dans ses rêveries...





















1 Le timide


Parfum de violette

Le chemin est incertain

Miroir de l’âme



Pourquoi pensa t-il immédiatement à elle quand il vit cette photo  sans rapport avec cette mésaventure ? Il avait un souvenir très net de sa silhouette, de ses longs cheveux bruns et de la douceur de son visage. Il l’avait vue pour la première fois à la plage, elle était avec une de ses amies, lui était seul cette fois ci alors qu’il y venait en général avec son copain, dragueur impénitent dont il profitait de la présence pour les aborder quand l’occasion se présentait.

Il ne l’avait pas remarquée tout de suite, plongé dans son roman, allongé sur le ventre. Il ne la vit que lorsqu’elle passa près de lui pour aller dans l’eau et il la quitta plus des yeux, s’asseyant sur sa serviette pour mieux l’observer. L’amie passa peu après et la rejoignit dans la mer et lui parla et sa princesse regarda dans sa direction. L’amie avait du lui dire qu’il la suivait des yeux et il en fut gêné, qu’allait-elle penser de lui ? Elles nagèrent ensemble un moment, lui faisant sembler de lire tout en les surveillant discrètement.


Il se sentait bizarre, c’était la première fois qu’une fille lui faisait cette impression, pourtant il en avait vu pas mal dans le sillage de son ami. Mais, il n’était encore jamais sorti avec une fille, contrairement à son Don Juan de copain. Lui était trop timide et pas assez sûr de lui et il croyait encore que les filles étaient des princesses ( il devait y croire longtemps encore). Elles sortirent de l’eau et cela le paniqua un peu d’être seul, il se figea et essaya de lire plusieurs phrases de suite sans pouvoir s’empêcher de regarder la merveilleuse silhouette élancée et divine qui se rapprocha puis le dépassa.

Il n’osa pas se remettre sur le ventre pour les suivre du regard, respira longuement plusieurs fois pour se calmer et eut l’idée de se mettre de la crème à bronzer, ce qui lui permit de bouger un peu. Elles étaient allongées à sept ou huit mètres de lui un peu sur la droite, plus près de l’escalier qui menait à la plage. Elle portait un maillot blanc mettant en valeur son corps fin et bronzé et sa longue chevelure brune. Il se risqua à mettre ses lunettes pour mieux la voir, le plus discrètement possible. La douceur, voilà ce que lui évoquait son visage, une innocente et douce beauté.

Le premier vers d’un de ses poèmes lui revint en tête:» J’ai trouvé un trésor et je ne sais qu’en faire ». La réalité le rattrapait maintenant. Alors, c’était ça « tomber amoureux, avoir le coup de foudre»? Il n’avait pas encore ressenti cela avec une telle intensité. Il regrettait l’absence de son ami pour aborder les filles, mais en même temps, il n’était pas sûr du tout qu’il ne s’intéresse pas aussi à sa princesse et ses chances auraient fondu de suite. Que la vie était compliquée ! Belle quand il la regardait, mais compliquée.


Ne sachant pas quelle attitude adopter, il se leva pour aller nager un moment. L’eau était un peu fraîche de prime abord, mais merveilleusement chaude ensuite et il adorait se mouvoir lentement et humait l’odeur de la mer. Sa brasse était souple, il ne savait pas bien pratiquer le crawl. Par contre, il aimait le dos crawlé qu’il alternait avec la planche lui permettant d’écouter la mer. Il oublia un moment sa belle, regardant le ciel bleu sans aucun nuage. Et puis, son visage remplaça le ciel et il regarda vers la plage. Elle sortait de l’eau...Depuis quand y était elle revenue ? Pourquoi n’avait il pas observé le bord de la plage ? Il pesta en rejoignant sa serviette en même temps qu’elle en faisait de même, à quelques mètres de distance.

Il s’en voulait mais n’aurait pas su quoi faire ou dire. Quand arriverait-il à se lâcher avec une fille ? Elle lui avait donné une occasion qu’il avait gâchée, enfin peut être se faisait-il un film et qu’elle s’était simplement rincé les mains après s’être mis de la crème. Le soleil le sécha rapidement. Que faire ? Il se dit qu’il pourrait la suivre quand elle quitterait la plage, mais pour cela, il devait partir en premier. Il commença à mettre son tee shirt son short et ses tongs, plia sa serviette, prit son livre et se dirigea vers l’escalier, essayant de ne pas trop regarder les filles tout en se tenant droit. Il sentit leurs regards sur lui quand il monta les marches puis disparut sur la promenade, tourna a gauche pour trouver un banc accueillant à bonne distance.

Il attendit là, essayant sans succès de lire pour passer le temps. Il pouvait attendre un moment, ses parents ne l’attendait pas pour déjeuner avant une bonne heure. Il espérait qu’elles ne prendraient pas leur repas à la plage, il n’avait pas vu de sac mais on y vendait des sandwichs ou des pans-bagnats et toutes sortes de boissons fraîches. Il n’était pas venu sur cette plage depuis une bonne semaine, ils allaient un peu plus loin après avoir rencontré deux vacancières qui y avaient leurs habitudes, mais elles étaient reparties hier, sans qu’il n’ose même embrasser celle que son copain lui avait laissée. Elle n’était pas son type, mais justement, il aurait dû oser n’ayant pas grand-chose à perdre.

Il avait peur de ne pas savoir s’y prendre. Il faudrait bien qu’il le fasse un jour ou l’autre ! Ça ne devait pas être si sorcier d’embrasser. Il avait quinze ans, il était temps de se lancer. Il ne regardait pas les autres femmes et les autres filles passer, son regard était pointé en haut de l’escalier où il espérait voir bientôt surgir sa princesse. Il regardait sa montre toutes les cinq minutes voyant le temps défiler. Il se donna encore un quart d’heure, de toutes façons il reviendrait demain et, avec un peu de chance, elles seraient là de nouveau.

C’est la copine qui se montra en premier, suivie de sa princesse, en petite robe de plage courte mettant en valeur ses jolies jambes toutes fines. Ses cheveux flottaient un peu avec le vent qui avait commencé à se lever. C’était peut être lui qui les avait décidées à quitter la plage. Merci le vent ! Il eut un instant peur qu’elles viennent dans sa direction, mais non, elles tournèrent a droite comme il s’y attendait, le plus gros de la ville était de ce coté. Son moral remonta en flèche et il se leva pour les suivre.

Là, il pouvait l’observer à loisirs, la suivre des yeux, détailler sa silhouette, admirer sa démarche gracieuse. Elles ne se doutaient pas de sa présence, il était tranquille, à condition de ne pas trop se rapprocher, ce qu’il évita de faire. Elles marchaient assez lentement sur la promenade surplombant la plage, discutant entre elles, jetant de temps en temps un coup d’œil vers la mer. Au bout d’un petit kilomètre elles traversèrent et prirent une petite rue. Il hâta le pas et eut juste le temps de les voir rentrer dans un hôtel. Il regrettait que la filature ait duré si peu de temps. Il savait ou elles logeaient, mais à quoi bon ? Elles y étaient certainement avec leurs familles. Cela ne lui servait a rien. Il soupira et prit le chemin de l’appartement.


Il revint roder l’après midi prés de l’hôtel, sans plan précis. Son ami aurait su comment procéder, pas lui, s‘en remettant à la chance, au destin. Il ne connaissait pas trop ce quartier et arpenta les rues adjacentes en pensant à sa princesse, imaginant sa vie : elle devait être au collège ou même au lycée et habiter ailleurs puisqu’elle était à l’hôtel,sans doute avec de la famille, vu son âge et celui de sa copine. Avait elle des frères et sœurs ? Pas de son âge sinon ils l’auraient accompagnée à la plage. Depuis combien de temps était-elle la ? Sans doute au moins quelques jours, vu son joli bronzage. Combien de temps allait elle encore rester ? Mystère. Il n’était pas très optimiste sur le futur de leur éventuelle relation mais ne pouvait s’empêcher d’y rêver.

Il y pensait en se promenant, il aimait réfléchir en marchant et le faisait souvent en allant du coté du port, y passant quelque fois plusieurs heures. Il lui venait des idées de poèmes qu’il essayait de mettre sur son carnet en rentrant. Il essaya de se souvenir des détails de son visage sans y parvenir vraiment. Il fallait au moins la revoir pour ça, c’était très important et un début de panique l’envahit quand il songea que si il ne la revoyait plus, il perdrait définitivement le souvenir de ce visage. Il n’avait pas de photo mais n’en aurait pas besoin si il pouvait la croiser de nouveau, il se souviendrait d’elle il en était certain.


Il avait accéléré le pas en même temps que ses pensées courraient dans sa tête. Que pouvait-il leur dire si il les rencontrait ? Il ne savait pas. Il chercha dans sa mémoire les techniques employées par son ami, en vain. Sa timidité était trop forte, elle le paralysait. D’où venait elle bon sang ! Pourquoi lui ? Il enviait tellement son ami, tellement à l’aise dans ces circonstances. Il envisagea de l’appeler pour lui demander conseil mais y renonça sans trop savoir pourquoi. Sans doute ne voulait il pas la partager et se sentir bête de ne pas savoir quoi faire.

Quand il en reparla avec lui, il comprit que son ami n’aurait jamais marché sur ses plates bandes et lui aurait laissé sa princesse, même si celle ci s’était d’avantage intéressé à lui. Question de principe lui avait-il dit, presque fâché d’avoir été suspecté d’être un mauvais camarade. Il repassa pour la seconde fois devant l’hôtel et tourna à droite au bout de la rue puisqu’il avait épuisé les rues à gauche. Au bout de cinquante mètres, il les vit attablées à la terrasse d’un petit café et essaya de continuer a marcher normalement , sans vraiment y parvenir. Il se sentit blanchir et n’osa pas regarder dans leur direction. Avait-il rougi ? Il s’était changé mais elles avaient dû le reconnaître. Il le craignait et il l’espérait.

Elles aussi s’étaient changées, il avait pu le voir les quelques secondes ou il avait posé son regard sur elles, enfin sur elle. Elle portait un petit haut dans les jaunes et une sorte de pantalon corsaire blanc écru qui lui allaient à la perfection. Le temps pour marcher ces quelques mètres pour les croiser et s’éloigner ensuite lui parut durer une éternité, mais il le trouva court une fois qu’il eut tourné au prochain coin de rue. Il s’arrêta pour reprendre son souffle et ses esprits : elle était encore là et elle était encore plus belle. Il avait cru entendre leurs voix, une fois qu’il les avait dépassées, sans en être sûr. Elles n’avaient pas ri. Il avait peur qu’elles se moquent de lui, surtout la copine. Que faire ? Il avait rate l’occasion de les aborder, mais dans un café, cela ne se faisait pas, elles auraient pu le virer, surtout si elles attendaient quelqu’un de leur famille. Non, il avait bien fait. Il allait les retrouver le lendemain matin à la plage, il en était sûr.


Il partit marcher sur la promenade le long de la mer, il devait repenser à tout ça, mettre ses idées et ses rêves en ordre. Il y passa une bonne heure, ayant quelquefois l’impression d’être regardé par des filles qu’il croisait, sans y prêter vraiment attention tant son esprit était occupé par sa princesse. Quand il discutait avec son copain, celui ci lui disait qu’il imaginait les filles nues quand il les voyait habillées. Lui, non, jamais. Peut être parce qu’il n’avait jamais vu une copine nue. Il avait vu des photos de femmes nues mais il ne pensait pas a sa princesse comme ça. Il préférait la revoir dans sa tête en maillot de bain ou habillée comme le matin ou tout a l’heure.


Il avait bien le temps de penser au sexe, il n’était pas pressé et en avait même peur. Elle avait du mettre des épingles dans ses cheveux car son front et ses joues étaient dégagées, ce qui permettait de mieux voir son visage. Hélas, il n’en avait pas eu vraiment le temps. Ça c’était dommage, il aurait pu rester un peu plus longtemps sur son visage, il aurait peut être su ce quelle pensait de lui, si elle était attirée ou non. Et si ça avait été non, comment l’aurait il supporté? Quelle question idiote ! Si c’était non, ce serait non aussi demain et les autres jours, c’était fichu pour toujours. Il regarda sa montre, il devait rejoindre sa mère pour faire des courses, il était temps de rentrer.


Son ami passa le chercher le lendemain matin pour aller à la plage, le ciel était tout bleu, sans un seul nuage, c’était bon signe. Il se racontèrent un peu leur journée de la veille mais lui n’insista pas sur la rencontre de sa princesse, contrairement à son copain qui lui narra par le détail les heures passées avec une blonde superbe et apparemment peu farouche dont les vacances s’étaient achevées, d’où le temps avait réservé avant le départ pour profiter de cette rencontre. Elle avait pleuré lui dit-il et ils s’étaient promis de s’écrire (leur correspondance dura quelques mois).


Il y avait peu de monde, il était encore tôt pour les touristes. Il y avait surtout des autochtones profitant de la mer avant d’aller travailler. Ils se baignèrent un bon moment selon leurs habitudes et se retrouvèrent sur leurs serviettes, scrutant les environs pour détecter de jolies minettes. Il y avait déjà plus de monde mais pas de filles seules. Ils discutèrent donc de leur fameux projet de tour de la méditerranée en fourgonnette. Il ne savait plus si c ‘était son idée, mais elle leur avait paru bonne puis très bonne et ils en parlaient de plus en plus, même si ils n’auraient pas leur permis de conduire avant des années.

Qu’importe, c’était leur projet et cela les rapprochait de rêver ensemble. Ils avaient étudié une partie du parcours, calculé l’argent qu’il leur faudrait en plus de l’achat du véhicule, envisagé de partir à quatre avec deux filles puis renoncé pour pouvoir profiter de rencontres sur place, évalué le nombre de litres de carburant, essayé de savoir quelles langues il leur faudrait apprendre au moins un peu pour se débrouiller dans chacun des pays traversés. Ce jour là, ils parlaient de la Grèce encore inconnue, comme la plupart des autres pays d’ailleurs.

C’est son ami, comme souvent, qui remarqua une bonne distance, pas trop près pour ne pas paraître être des filles faciles, mais pas trop loin pour ne pas décourager les garçons. Ils devaient être à leur goût, au moins l’un d’entre eux. C’était ça le problème quand parfois, seul l’un d’entre eux intéressait l’une des deux filles. Pourtant elles et eux persistaient à venir toujours a deux. En cas de rencontre, ça permettait de discuter et de ne pas s’ennuyer, ça aidait à se débarrasser des gêneurs, on bénéficiait de l’avis d’un ou d’une amie sur la personne convoitée et on avait un témoin de sa réussite – ou de son échec - et de son bonheur.

Ils attendirent que les filles reviennent de leur bain pour que son ami s’approche sous un prétexte connu de lui seul ( il l’interrogerait ensuite pour savoir) et lui fasse signe ensuite de venir avec leurs affaires. Ça l’énervait que soit toujours si simple quand son ami était la. Il aurait su y faire la veille, pas comme lui. Apparemment, cette fois ci, chacune des filles avait choisi l’un d’eux, il n’y avait pas d’intrus. Elles étaient plutôt mignonnes et bien décidées à passer de bons moments, enfin à ce qu’il imaginait avec leurs sourires et leurs rires, leurs yeux à la fois innocents et prometteurs, leur façon de se tourner et retourner ou de passer la main dans leurs cheveux. Elles étaient françaises, c’était plus dur avec les étrangères car s’ils baragouinaient un peu l’anglais il n’était pas assez a l’aise pour alimenter une conversation.


Sa princesse arriva a peu prés une demie heure plus tard, accompagnée de sa copine. C’était la catastrophe pensa t-il de suite et son ami, le connaissant bien compris assez vite la situation à sa mine déconfite. Il essaya de faire bonne figure avec les filles. Il ne pouvait pas laisser tomber son ami et, de toutes façons, que faire? Il n’osait pas regarder dans la direction de sa princesse. Elle se fichait peut être complètement de la situation, mais peut être que non. Était-elle déçue ou indifférente? Il aurait dû laisser son ami draguer seul un moment pour être sûr qu’elles ne viendraient pas, peut être aller faire un tour prétextant une course quelconque, avant de revenir sur la plage.

Mais voila, ce genre d’idée lui venait toujours trop tard. Son ami déclara alors que c’était l’heure de leur second bain et ils laissèrent les filles bronzer seules en surveillant leurs affaires. Son ami avait trouver ce stratagème pour tout savoir. Pourquoi ne pas lui en avoir parlé quand ils s’étaient raconté leurs journées, ils auraient pu mettre au point une technique pour les aborder. Il lui reprocha son manque de confiance en lui et lui dit qu’il méritait qu’on le laisse de débrouiller tout seul, que de toutes façons c’était irrattrapable. Il avait raison mais il ne voulait pas s’avouer vaincu.

Pour une fois, il voulait se battre, pour elle, sa princesse, la première fille dont il était tombé amoureux. Ils en parlèrent en nageant, son ami devait faire quelque chose pour l’aider, c’était très important pour lui. Petit à petit son ami consentit a lui donner un coup de main, bien que cela complique sérieusement ses chances avec la fille qui l’avait choisie : il allait passer voir sa sa princesse et sa copine et leur dire que le brun avec lui avait accepté de se rapprocher des autres filles qu’a sa demande, pour améliorer ses propres chances de draguer et s’apprêtait à éloigner quand elles étaient arrivées, qu’ils avaient passe la matinée à parler d’elles….


Il était admiratif en l’écoutant et l’espoir revint peu a peu. Lui devait expliquer aux deux filles qu’ils avaient abordées que l’une des filles nouvellement arrivées était une cousine de mon ami, enfin un ramassis de mensonges. Il fit de son mieux et comme son ami revint assez vite les rejoindre, elles parurent gober ce qu’il avait dit. Ils ne purent pas discuter rapidement de la façon dont sa princesse avait réagi, son ami lui dit juste qu’elles allaient bien. Il était sur des charbons ardents et eut du mal à soutenir la conversation. Heureusement, son ami pallia sa défaillance et réussit à convaincre les filles de l’accompagner sur une autre plage un peu plus loin, ou il pourrait les faire bénéficier gratuitement de matelas. Ils travaillaient de temps en temps sur cette autre plage pour des soirées privées et le patron leur accordait parfois ce petit privilège. Il ne doutait pas que son ami saurait l’obtenir ce jour là. Ils le quittèrent peu après, le laissant toutefois désemparé, mais son ami revint seul, assez rapidement pour lui résumer la situation : ça avait marché et il pouvait rejoindre sa princesse qui avait accepté l’histoire et trouvé bien qu’il se comporte ainsi avec son copain. Il ne pouvait plus reculer, il se leva et les rejoignit, essayant de marcher droit et de cacher son trouble.


Il les salua timidement et elles répondirent, surtout la copine qui embraya en lui disant qu’elles avaient trouve étrange en arrivant de le voir avec d’autres filles mais que son copain leur avait tout expliqué et qu’elles comprenaient. Cette confirmation lui fit chaud au cœur et il se sentit rougir un peu. Il n’osait pas regarder sa princesse dans les yeux et elle non plus. Elles ne venaient sur cette plage que depuis la veille, avant, elles en fréquentaient une autre un peu plus loin mais elles regrettaient de ne pas être venues avant. C’était toujours la copine qui parlait pour les deux.

On avait coutume de dire que celui ou celle « qui tenait la chandelle » était une gêne, mais là, ce n’était pas le cas. d’ailleurs, il ne serait sans doute pas venu voir sa princesse si elle avait été seule. Elle devina sa pensée et leur dit qu’ils avaient de la chance qu’elle soit là. Elle ajouta qu’elle trouvait son ami mignon mais déjà pris hélas. Ils – enfin essentiellement la copine – continuèrent a papoter sur tout et rien, la plage, les vacances, le lycée, la famille et, au bout d’un moment la copine se leva et dit bon je rentre, ne tardes pas trop tu as aussi ta valise a faire.


Il lui demanda timidement si elle partait, enfin de la ville il voulait dire, et c’était l’après midi même. C’est idiot dit elle, nous aurions pu nous connaître il y a une semaine, là on a pas de temps pour nous. Leurs yeux se trouvèrent, se fixèrent et il fut envahi par un océan de tendresse, comme il espérait. Devant ce manque de temps, il se lança conne jamais, lui dit qu’elle était belle comme une princesse, qu’il adorait tout en elle : son visage ses yeux sa silhouette, qu’il était tombé amoureux dès qu’il l’avait vue.

Il était dans un état second, comme dans un rêve, osa lui caresser légèrement les cheveux, contempla ses yeux brillants et lui dit qu’il aimerait lui écrire pour rester en contact, peut être se revoir, au plus tard pour les prochaines vacances, là ou ailleurs. Il avait un stylo et un ticket de bus, ça irait pour noter son adresse, enfin si elle voulait, et son cœur bondit quand elle la lui donna. Il essaya de ne pas top trembler en écrivant, elle s’appelait Gisèle et il lui donna son prénom qu’elle répéta et c’était merveilleux de l’entendre le prononcer.

Ils se sentaient seuls sur cette plage, et leurs paroles s’envolaient portées par le jeune Cupidon, et puis elle regarda sa montre et rougit et le regarda, il fallait quelle s’en aille, elle était déjà en retard. Non, il ne pourrait pas l’accompagner a l’aéroport, elle voyageait avec sa famille qui avait accepté que sa meilleure copine soit aussi de la partie, mais il pourrait la voir sortir de l’hôtel si il en avait envie et lui faire un au revoir. Il lui demanda si elle lui permettait de prendre une photo et elle accepta, une seule, distraitement pour pas que ses parents le remarquent.

Elle avait confiance en lui. Il lui pris la main et l’embrassa sur la joue puis sur les lèvres, et ce baiser fut le plus doux de toute sa jeune vie. Elle préférait qu’il ne l’accompagne pas au cas où quelqu’un viendrait à sa rencontre à cause de son retard. Il la regarda partir, monter les marches vers la promenade, emportant son cœur avec elle. La plage était noire de monde et il ne s’en était pas aperçu avant. Il y avait plein de jeunes et plein de filles, mais il s’habilla et rentra chez lui.


Il vérifia dix fois que l’appareil photo était chargé et fonctionnait, il prit quelques photos pour le tester et sortit dès le repas terminé, prétextant une ballade avec ses amis. Il arriva une bonne heure avant celle fixée et attendit un peu plus loin mais avec la porte de l’hôtel en point de mire. Il eut le temps de choisir sa position pour voir sa princesse et prendre La photo. Il avait conscience de l’importance de cette action et se sentait fébrile, mais heureux. Elle lui avait parlé, elle l’aimait bien aussi même si elle ne lui avait pas dit, elle lui avait donné son adresse, elle voulait bien qu’il la prenne en photo.

Il les vit sortir, elle devant tous les autres, et sa copine faisant un petit barrage avec les parents. Elles faisaient exprès pour qu’il réussisse sa photo! Il se concentra pour ne pas trembler et déclencha l’appareil puis mis sa main derrière le dos pour le cacher. Elle le regarda vite fait dans les yeux en passant et lui sourit, la vie était si belle à cet instant. Mais elle disparut au coin de la rue dans la file de taxis et ils en prirent un et sa princesse le quitta.


Ce n’est qu’en rentrant chez lui qu’il s’aperçut qu’il avait perdu le ticket de bus sur lequel il avait noté le nom et l’adresse de sa princesse et il ne s’en souvenait plus. Bien sur, son prénom était gravé sur l’arbre de sa vie, mais ni son nom de famille ni son adresse ne lui revenaient. Il courut à la plage au cas où mais ne trouva rien, même en dérangeant ceux qui occupaient leur place. Son premier amour était perdu, il ne lui resterait qu’une photo, celle qu’il regardait avec émotion. Où est tu ma princesse? Qu’as tu pensé de moi? M’as-tu vite oublié? Moi, au moins il me reste ta photo.































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